Extrait de Bouquets 31-40 (2014-2022) de Rose Lowder © Tous droits réservés par l’artiste / Autorisation de Light Cone
Le cinéma de Rose Lowder est un cinéma de l’attention : attention au « rien d’extraordinaire », comme elle le dit modestement dans le titre de l’un de ses films, mais aussi attention au détail et au réel vu de très près. Le fait que ses films ne proposent pas de narration ni de temps linéaire renforce cette attention nécessaire, ce travail de l’œil qu’elle suggère sans l’imposer.
Depuis plus de 50 ans, Rose Lowder filme la nature et ce qui lui est proche en tissant les images à l’intérieur de sa caméra Bolex 16 millimètres. Un film d’une minute est constitué de 1440 images différentes, et un plan de Rose Lowder peut parfois durer bien moins d’une seconde, provoquant sur la rétine des superpositions qui sont tout sauf hasardeuses.
L’exposition au Palais de Tokyo présente ses films les plus récents et projette en pellicule La Source de la Loire, dont les années de production (2019-2021) indiquent que Rose Lowder s’est rendue trois années de suite, au printemps, pour enregistrer et transfigurer, dans la quiétude du Mont Gerbier de Jonc, les soubresauts d’un petit ruisseau qui est la source du plus long fleuve français.
Le film est accompagné de vingt courts films d’une minute agencés en « bouquets », filmés dans des propriétés du Sud de la France et du Nord de l’Italie, où la biodiversité est cultivée et préservée.
Curateur : François Piron
