
Ali Cherri, La Sentinelle, 2026. Courtesy de l’artiste
Un soldat français, Lafleur, traverse une journée de fête nationale où le poids du devoir militaire l’écrase silencieusement. Présenté au Festival de Cannes 2026, le nouveau film d’Ali Cherri, « La Sentinelle », avec Nahuel Perez Biscayart et Eric Cantona, met en scène les vestiges d’un monde révolu, figé dans un décor où les mots résonnent comme des échos vides. Entre escapades nocturnes et rencontres fugaces, notamment avec une performeuse dans un bar cabaret, Lafleur erre à la frontière du réel et du rêve.
Présenté dans un dispositif inédit au Palais de Tokyo, le film se prolonge sous la forme d’une exposition où le cinéma déborde de l’écran pour investir l’espace. Décors, sculptures et installations poursuivent les questionnements qui traversent l’œuvre : la figure du gardien, les mécanismes de préparation au conflit et les effets de la guerre sur les corps et les imaginaires. Pensés comme des constructions artificielles proches du théâtre ou de la peinture, les espaces exposés brouillent les repères entre fiction et réalité.
Au cœur du parcours, une sculpture monumentale inspirée des monuments militaires détourne les codes de l’héroïsme pour faire apparaître la vulnérabilité des soldats. Entre architecture et mise en scène, Ali Cherri explore les récits qui façonnent l’expérience guerrière et les formes de fuite, de résistance ou d’abandon qu’ils rendent possibles.
Curateur Hugo Vitrani, assisté d’Inès Fodil
Cette exposition bénéficie du soutien de Dimosthenis N. Vardinogiannis & Christina Vatsella et de Elie Khouri Art Foundation.
