COSA MENTALE : ART, SANTÉ MENTALE ET NEURODIVERSITÉ AU PALAIS DE TOKYO

Par Guillaume Désange

Dans la continuation directe de la « permaculture institutionnelle », qui depuis 2022 infuse un esprit écologique dans le projet du Palais de Tokyo, les relations entre art et santé mentale ouvrent une nouvelle perspective à l’institution. De fait, ce champ partage avec l’écologie des enjeux sur les relations entre art et société, entre nature et culture, entre l’inné et l’acquis, entre le biologique et le social. Partant de la question des publics, c’est à partir de la notion écologique de « diversité » que se pense notre démarche d’inclusion, privilégiant une approche qualitative à une approche quantitative fondée sur les seuls chiffres de fréquentation. 

Cette ligne de travail concerne également la programmation et le fonctionnement de l’établissement. Elle se déploie à l’occasion de l’ouverture du hamo, le nouvel espace d’éducation, d’inclusion et de médiation par l’art au Palais de Tokyo, dès le départ imaginé comme un outil pionnier dans l’inclusion, la visibilité et l’accompagnement de personnes dites ” à besoins spécifiques” (concernées par la psychiatrie, qu’elles soient en situation de handicap mental et psychique, neuro-atypiques ou traversant une période de vulnérabilité). L’occasion de déployer un ensemble de recherches et d’actions concrètes qui bénéficient à toutes et tous, mais aussi de guider l’institution et ses publics vers une vision créative et constructive de la diversité mentale 

Ce texte a pour but de partager des questionnements et des intentions plus que des résultats. Il est un essai qui pose les bases d’une ligne de travail aussi ambitieuse qu’incertaine. Sur des sujets aussi complexes et en constante reconfiguration, dont les dimensions éthiques et scientifiques sont entremêlées, les manières de faire et de parler évoluent vite, les certitudes d’hier étant devenues les doutes, puis les contrevérités d’aujourd’hui, il est fort probable que certaines expressions utilisées ici seront obsolètes dans un futur plus ou moins proche. Cette conscience nous oblige à l’humilité mais ne nous empêchera pas de prendre le risque d’aborder ces sujets. Car dans cette indétermination nous avons une certitude : travailler la diversité mentale, qui s’aligne sur l’inclusion de toutes les différences comme credo d’une politique des publics, va dans le bon sens. Elle permet de poser pied sur un continent esthétique, éthique et politique passionnant au sein duquel nos institutions ont, avec les moyens de l’art, un rôle à jouer. 

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