À l’occasion de l’exposition Studio, Wounds and Battles, Desire Is the Reiteration of Hope (L’atelier, blessures et combats, le désir est la réitération de l’espoir) de Cathy de Monchaux, venez découvrir l’exposition à travers un échange entre l’artiste Cathy de Monchaux, la curatrice et conseillère artistique de François Pinault et conservatrice auprès de la Bourse du Commerce – Collection Pinault Caroline Bourgeois, ainsi que le curateur de l’exposition Hugo Vitrani. Cathy de Monchaux est une figure majeure de la scène artistique britannique. Pour sa première rétrospective, le titre de l’exposition évoque l’atelier comme territoire de luttes et de blessures, mais aussi d’attente et d’espoir : celui de retrouver la lumière des institutions longtemps restées absentes. De 1984 à aujourd’hui, le Palais de Tokyo réunit une centaine d’œuvres pour déplier la multiplicité des langages manipulés par l’artiste : sculptures, dessins techniques et bas-reliefs comme autant de fétiches. Cette rencontre sera l’occasion de revenir sur plus de quarante ans de pratique artistique et sur un univers où Cathy de Monchaux sculpte la frontière tactile entre le monde physique et le subconscient.
Au cœur des sentiments épidermiques, l’artiste agit comme un trait-d’union, une prothèse, une armature reliant l’organique au mécanique, le réel au spirituel, le rêve au cauchemar. Un regard légiste pourrait disséquer ainsi son œuvre : il y a des plis de velours, du métal, du plomb, des fils de cuivre, de la poussière, du papier calque, des rivets, des sangles, du marbre, des orifices, des vulves, des entrelacs fantasmagoriques – de corps de femmes enceintes ou non, de licornes – et des grenouilles qui grouillent dans des forêts enracinées. Mais l’erreur serait de vouloir cerner par des mots son travail, dont l’essence échappe à toute réduction intellectuelle. Son imaginaire est celui du grand et tout petit écart, ce déplacement qui rend la sensualité menaçante et la frayeur hypnotique. Il surgit en contre-jour, ouvrant des perspectives dans des profondeurs pourtant presque plates.
