Une personne aux cheveux châtain clair et portant une moustache est assise seule sur un siège rouge à l'intérieur d'un véhicule doté de grandes vitres et de rideaux rouges, le regard tourné vers la caméra.
Crédit photo : Julie Mitchell

Théo Audoire

Artiste

Théo Audoire (1996, France) est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire (DNAP, 2018) puis des Beaux-Arts de Paris (DNSEP, 2020). Il explore à travers films et installations un rapport à la mémoire et à l’intime, aux travers d’objets, de résidus, de lieux habités ou industriels, tantôt standardisés, banals, ou désuets.

Son travail lui a valu plusieurs distinctions : le prix Thaddaeus Ropac (2020), Grec Rushs (2021) Mondes Nouveaux (2021), le Prix du meilleur court métrage à Uppsala Short Film Festival (2022) et une mention spéciale au Barq International Architecture film festival de Barcelona (2023). Présenté lors d’expositions collectives (Filles du Calvaire, 2026) ou de manifestations comme la 70e édition de Jeune Création, son travail a fait l’objet d’une première exposition monographique « D’après une histoire vraie » curatée par le Pépin Mû, aux ateliers de la Ville en Bois à Nantes.

“Tout événement porte-t-il en lui un potentiel extraordinaire ? Théo Audoire observe des histoires dormantes, passées sous le radar, dont le récit est en sourdine. À travers des films, installations et objets, il détourne ces situations en se jouant de la réalité. Par des interventions subtiles et de grandes orchestrations, une forme de complicité s’installe avec l’observateur·ice.

Théo Audoire s’intègre doucement à des contextes (usine, association, paysage, etc.) et compose avec les êtres, choses ou histoires qui les peuplent des mises en scène troublantes. Il fait circuler plusieurs amorces narratives et suscite la surprise par des références à l’ordinaire, parfois farfelues. Le travail visuel produit des environnements quasi-statiques, tels des décors de théâtre. Textures et échelles de représentation s’emmêlent pour brouiller la distinction du véritable.

L’usage du faux (répliques, trucages, incrustations) anime les machines, maisons et éléments quotidiens d’une illusion de vie. Des interactions et activations lumineuses ou sonores chargent les objets d’intentions, mettant sur la piste d’un langage à décrypter. Issue de l’enfance de l’artiste, cette pensée animiste suscite malice et nostalgie pour le·a spectateur·ice.

Transcendant les registres, Théo Audoire installe le doute, comme au sortir d’un rêve irrésolu, entre un état de réflexion et d’enchantement. Se dessine un ordre des choses différent, trahissant le réel pour celle·celui qui veut bien s’y fier.”

Mathilde Moreau (curatrice)