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Benoît Piéron, Flore hospitalière avec rehauts de cyprine, 2022 ©Benoît Piéron, courtesy Galerie Sultana (Paris).

Exposé·es

Du 17/02/2023 au 14/05/2023

Exposé·es : des personnes n’ont pas choisi d’être exposées à un virus, une maladie, une épidémie.
Exposé·es : des personnes ont choisi de s’exposer pour rendre visible ce virus, cette maladie, cette épidémie.
Parmi ces personnes, des artistes. Parmi ces virus et ces maladies, le VIH/sida, qui a causé l’épidémie la plus meurtrière du dernier siècle, et de celui-ci.

Nous vivons aujourd’hui en compagnie d’épidémies qui affectent chacun·e d’entre nous, humains et non-humains. Le livre d’Elisabeth Lebovici, Ce que le sida m’a fait. Art et activisme à la fin du XXe siècle qui inspire cette exposition, s’est efforcé de recoudre ensemble les fragments subjectifs de l’histoire de l’épidémie la plus meurtrière depuis le dernier siècle : des faits, des œuvres, des idées et des émotions qui lient le matériel à l’immatériel. Il questionne comment les pulsations du désir, du manque, de la colère, de la douleur, de la mémoire et de l’archive ont fait histoire. Comment elles ont permis de (re)composer des généalogies interrompues, de fédérer des communautés qui ont produit des formes et des structures, qui agissent encore aujourd’hui, parfois au-delà de leur objet initial. Comment elles ont anticipé certaines questions de genre, de classe et de race, ainsi que l’inconscient de ce qu’on appelle aujourd’hui le validisme, c’est-à-dire la construction d’une norme sur la « bonne santé ».

Bambanani Women’s Group, Body Map (Babalwa), 2002. Image courtesy of the Aids and Society Research Unit (University of Cape Town) and the Bambanani Women's group.

Cette exposition prend ce livre, en un sens, au pied de la lettre : ce que l’épidémie de sida fait aux artistes ; ce qu’elle fait aujourd’hui à une exposition. Ce qu’elle a changé dans les consciences, dans la société, dans la création. Le sida, non pas comme un sujet, mais comme grille de lecture pour reconsidérer un grand nombre de pratiques artistiques exposées à l’épidémie. La beauté vient comme recours face aux conséquences politiques et sociales des pandémies qui se superposent.

À l’opposé d’une commémoration, l’exposition brouille les temporalités, et porte un discours au présent, en demandant à des artistes d’interroger depuis aujourd’hui leur histoire et ce qui leur a été transmis du siècle passé.

En passant outre la supposée frontière entre activisme et pratique artistique, et en privilégiant au contraire les effets de l’art (sensibles, cathartiques, thérapeutiques, informatifs…), les artistes de cette exposition se rencontrent dans des manières de faire et de parler, d’inclure leurs affects et leurs affinités, qui sont autant de ressources pour imaginer de nouvelles articulations entre esthétique et émancipation.

Du 17/02/2023 au 14/05/2023 au Palais de Tokyo

Du 9/03/2023 au 13/05/2023 au CND

Artistes Les Ami·e·s du Patchwork des noms, Bambanani Women’s Group, Bastille, yann beauvais, Black Audio Film Collective, Gregg Bordowitz, Jesse Darling, Moyra Davey, Guillaume Dustan, fierce pussy, Nan Goldin, Felix Gonzalez-Torres, Hervé Guibert, Barbara Hammer, Derek Jarman, Michel Journiac, Zoe Leonard, audrey liebot, Pascal Lièvre, Santu Mofokeng, Jean-Luc Moulène, Henrik Olesen, Bruno Pélassy, Benoît Piéron, Lili Reynaud-Dewar, Jimmy Robert, Régis Samba-Kounzi &  Julien Devemy, Marion Scemama, Lionel Soukaz & Stéphane Gérard, Georges Tony Stoll, Philippe Thomas, David Wojnarowicz & arms ache avid aeon: fierce pussy amplified (Nancy Brooks Brody, Joy Episalla, Zoe Leonard, Carrie Yamaoka, fierce pussy and Jo-ey Tang)

Curateur François Piron

Conseillère scientifique Elisabeth Lebovici

Assistant curatorial Clément Raveu

Assistante d’exposition Rose Vidal

 

Le second chapitre de l’exposition, « Pausing » de Jimmy Robert, se déroule au Centre national de la danse et propose également une programmation de spectacles, performances et rencontres. Programme détaillé sur cnd.fr

L’exposition se prolonge avec une publication coéditée par le Palais de Tokyo et Fonds Mercator.

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