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Benoît Pype

Fabrique du résiduel
Du 19/04/2012 au 03/06/2012

« Il n’est pas nécessaire d’aller au bout du monde pour voyager, l’aventure se trouve au fond d’une poche, dans mon jardin, autour de ma maison. » Benoît Pype nous plonge dans son laboratoire, lieu de l’analyse des résidus et autres poussières trouvées au gré de ses cheminements. Ces formes de peu, matières délaissées, sont l’objet de toutes les attentions de l’artiste, qui travaille ici à réifier les traces, telles les preuves et indices d’une zone d’activité. A la manière de Xavier de Maistre dans son roman Voyage autour de ma chambre, il nous invite à découvrir la fabrique de la poésie du rien, l’énigme du familier.

Benoît Pype élève le minuscule et l’accident à la dignité d’une attention nouvelle. Sa pratique, minutieuse, sa matière, insignifiante, renverse la perspective et l’idée que l’on peut se faire du geste artistique. Les prélèvements sont sa matière première, ses trouvailles, dans le sillage d’une pratique qu’on peut retrouver chez Kurt Schwitters déjà, et qu’il examine ensuite au sein de son atelier, ses « stations de travail ». La table de prélèvement accueille la matière brute recueillie lors de ses errances, indistinctement déposée. La table de travail constitue ensuite la zone de la recherche, lieu de la patience et de l’examen minutieux des poussières, où l’artiste devient le médecin légiste de ces traces, l’ouvrier de la forme. Benoît Pype viendra y travailler à intervalles irréguliers durant l’exposition. Non sans humour, l’artiste nous les présente enfin, habillées d’un socle sur mesure, et finalement devenues œuvres, sculptures et sismographes du dérisoire, évoquant tour à tour les pionniers de la sculpture moderne tels Brancusi ou Giacometti, et d’autres civilisations plus lointaines, tels les Etrusques ou les Dogons.