Avec Lars Bang Larsen, Yann Chateigné Tytelman, Vincent de Roguin, Kodwo Eshun, Alain Kaufmann, Jelena Martinovic, Francis McKee, Marco Pasi, Pascal Rousseau, Laurent Schmid, Magaly Tornay et Suzanne Treister
Dans le cadre de “Reptile brain or reptile body, it’s your animal”, Joachim Koester a invité Lars Bang Larsen et Yann Chateigné Tytelman, historiens d’art, curateurs et chercheurs, à concevoir une extension de son exposition sous la forme d’un ensemble d’oeuvres et de documents d’archives, à partir de leurs recherches portant sur la question du « système nerveux ».
Explorant d’autres relations possibles entre art, science et contre-culture, intitulée « Seismology », cette partie « cérébrale » du projet de Koester s’articule autour de la question du corps-machine, du devenir abstraction, des réflexes et des vibrations, prenant comme point de départ la figure d’Ivan Petrovic Pavlov.
“Radical Enlightenment. A symposium on cybernetics and the soul” prolonge l’exposition sous la forme d’un programme de dix heures de rencontres, de conférences et de discussions : dix artistes, historiens et scientifiques sont conviés à partager leurs recherches autour des questions soulevées par un regard renouvelé sur la notion de cybernétique, croisant les champs esthétiques, scientifiques et politiques. Touchant tout autant à l’histoire et à la théorie des arts qu’à celle des sciences et de la médecine, à l’architecture ou à l’économie ou les conversations portent sur, entre autres : la conscience mystique et les expérimentations médicales, les théories militaires, le LSD et les expériences de guérison, la musique, la télévision et les technologies de conditionnement, le transhumanisme, la futurologie et la philosophie hermétique, la robotique, la théorie des réseaux et la conspiration, le devenir-machine, la sorcellerie et le capitalisme.
Ces deux événements constituent les premières rencontres organisées dans le cadre du projet “Art, Science, Counterculture: Perspective on A Radical Enlightenment”, développé depuis la Haute école d’art et de design de Genève. Ils marquent le lancement officiel d’un programme de recherche qui vise à étudier les échanges entre l’art, les sciences et la contre-culture du point de vue de la philosophie des « Lumières radicales », des formes de critiques, historiques et contemporaines, des structures de pouvoir, de pensée et des systèmes de croyance.
Cette recherche avance l’hypothèse qu’en Occident, la pensée et l’action des Lumières a été d’une certaine manière tronquée par le Capital et la raison instrumentale, se concentrant sur des modernités autres (modernités esthétiques autant que celles qui furent étiquetées comme ésotériques ou occultes) qui ont partagé les mêmes principes que celles des Lumières dites radicales. Les objectifs en sont doubles: tout d’abord, reconnecter les sciences, la philosophie et l’histoire de l’art avec les expériences et les formes de savoirs esthétiques et révolutionnaires qui ont été disqualifiées par le récit moderne; ensuite, montrer que ces expérimentations ont eu lieu aux croisements de l’art, de la science et de la contre-culture.