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VIRAGES VIERGES

PAULINE CURNIER JARDIN
Du 03/04/2026 au 13/09/2026

Intitulée « Virages Vierges », l’exposition personnelle de Pauline Curnier Jardin prend pour point de départ la notion de déviation, voire de déviance : le virage comme sortie de la ligne droite, abandon de la trajectoire stable au profit de l’incertitude et des chemins de traverse. À l’image de ses narrations fragmentées, l’œuvre de l’artiste se construit dans des zones de trouble où fiction, rituel et documentaire s’entrelacent sans hiérarchie.

Une personne vêtue d'une tenue bleu clair est allongée sur un lit, les jambes appuyées contre un mur vert, et tient un téléphone à la main. La chambre est décorée de façon minimale avec un oreiller, une couverture et des photos murales.
Pauline Curnier Jardin, Qu’un sang impur, 2019, photogramme. Courtesy de l’artiste, Ellen de Bruijne Projects (Amsterdam) & ChertLüdde (Berlin) © Adagp, Paris, 2026

Les vierges renvoient aux corps féminins, saturés d’histoires, d’injonctions et de violences, pris dans une tension constante entre sacralisation et stigmatisation. Entre les figures de la sainte et de la prostituée, ces corps, tour à tour idéalisés, contrôlés ou condamnés, affirment une puissance désirante et transgressive, loin de toute passivité ou objectification. Le terme évoque également le territoire vierge : l’inconnu comme espace de projection et de réinvention. « Virages Vierges » désigne ainsi ces moments de bascule où corps, récits, croyances et constructions quittent les voies toutes tracées pour ouvrir, de manière irrévérencieuse et indocile, d’autres devenirs possibles.

Une pièce drapée de tissu rose avec un écran central affichant une photo de deux personnes s'embrassant, l'une portant une veste étiquetée Polizei.
Pauline Curnier Jardin, Fat to Ashes, 2021. Vue de l’exposition « Fat to Ashes », Hamburger Bahnhof - Museum für Gegenwart (Berlin), 2021. Crédit photo : Mathias Völzke. Courtesy de l’artiste, Ellen de Bruijne Projects (Amsterdam) & ChertLüdde (Berlin) © Adagp, Paris, 2026

Cette exposition monographique d’envergure permet à Pauline Curnier Jardin de déployer sa pratique à travers une sélection d’œuvres majeures – notamment installations vidéo et sculptures – ainsi que de nouvelles productions. On y découvre ses atmosphères fantasmagoriques, entre théâtre, cinéma et rituel, au service de thématiques récurrentes : la fluidité entre vulnérabilité et puissance des corps, la place des femmes dans la société, ainsi que les formes de spiritualité et de syncrétisme populaires.

Pour la création d’une nouvelle installation vidéo, l’artiste s’inspire d’un cinéma clandestin découvert en 2004 sous le Trocadéro (voisin du Palais de Tokyo) et surnommé « les arènes de Chaillot » – un lieu où inventer d’autres formes de liberté. Ce site résonne profondément avec son œuvre, nourrissant son attrait pour les espaces liminaires, les pratiques dissidentes et les récits qui échappent aux normes établies.

Une grande structure recouverte de tissu, ressemblant au Colisée romain, se trouve à l'intérieur d'une galerie de style industriel avec un haut plafond vitré.
Pauline Curnier Jardin, Fat to Ashes, 2021, installation vidéo. Vue de l’exposition « Fat to Ashes », Hamburger Bahnhof - Museum für Gegenwart (Berlin), 2021. Crédit photo : Mathias Völzke. Courtesy de l’artiste, Ellen de Bruijne Projects (Amsterdam) & ChertLüdde (Berlin) © Adagp, Paris, 2026

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une relation au long cours entre le Palais de Tokyo et l’artiste, qui a précédemment participé aux expositions collectives « Dynasty » (2010, avec le musée d’art moderne de Paris) et « Anticorps » (2020).

L’exposition est réalisée en collaboration avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía à Madrid, qui la présentera dans une version adaptée à l’automne 2027.

La première monographie consacrée à l’œuvre de Pauline Curnier Jardin sera publiée en 2026. Une collaboration entre le Palais de Tokyo (Paris), le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía (Madrid) et le M HKA (Anvers).

DU 03/04/2026 AU 13/09/2026

Curatrice : Daria de Beauvais, assistée d’Inès Fodil

Scénographe : Rachel Garcia