
Crédit photo : Florie Berger
Pour sa première intervention au Palais de Tokyo, Tadashi Kawamata présente deux œuvres monumentales in situ. Dans la lignée de ses interventions sur des bâtiments publics et privés, qu’il déploie depuis les années 1980, d’abord au Japon puis dans le monde entier, Kawamata s’approprie à la fois l’espace extérieur et l’espace intérieur du Palais de Tokyo, permettant à son travail d’interagir avec la sphère publique et le rythme quotidien de la vie du bâtiment.
Perché sur une des colonnes extérieures du bâtiment, « Le Nid » s’élève à une quinzaine de mètres. Avec la cabane, le nid est l’un des motifs récurrents de ses interventions « parasitaires » qui s’intègrent dans les géométries de l’architecture existante ou parmi les branches tortueuses d’arbres centenaires. Ces constructions temporaires, solides dans leur structure mais éphémères par nature, attirent l’attention sur la notion d’espace domestique dans ses dimensions sociales et symboliques, reflétant ainsi notre manière d’habiter le monde.
À l’intérieur du Palais de Tokyo, « La Tornade » domine le•a spectateur•ice depuis le sommet de l’escalier avec un diamètre d’environ vingt mètres. Réalisée avec différents types de bois recyclés à partir de projets antérieurs de l’artiste, cette immense structure révèle un dynamisme interne, créé par la disposition irrégulière des planches de bois, orchestrée pour suggérer le mouvement.
S’épanouissant à partir de la forme cocon du nid, cette nouvelle déclinaison de la recherche de l’artiste se déploie comme une libération d’énergie, qui évoque les désastres naturels amplifiés par la crise climatique. Suspendue au plafond, sa présence imposante nous place directement au cœur d’un cyclone. Peut-être ce que nous observons est-il encore un nid, offrant un abri au cœur de la tempête, capturant un instant fugace entre ce qui est encore là et ce qui a disparu.
Les œuvres sont mises à disposition par la Maison Ruinart et Mennour, Paris.
