EVOL – WHEEL OF FORTUNE
Répétition de fenêtres noires, de balcons blancs et gris, d’ombres, de paraboles : Evol (né en 1972, vit et travaille à Berlin) détourne l’architecture avec ses discrets “Blocks”, des façades d’immeubles HLM miniaturisées peintes au pochoir sur des modules urbains sans valeur et des architectures brutes, marquées par le temps. Passé par le graffiti et le collage, adepte d’interventions néo-situationnistes dans l’espace public, Evol a fait ses armes au sein du collectif Ctink après ses études de design. Reconnu comme étant l’un des meilleurs pochoiriste d’Europe, son travail d’atelier a été récompensé par le prix Arte / Slick en 2010, et présenté sur le Pavillon Allemand de l’Exposition Universelle de Shanghai. En 2011 on le retrouve aux cotés de Banksy lors de la traditionnelle exposition annuelle Santa’s Ghetto à Londres. Ses façades en ruine, anonymes, ciblent la faillite d’une utopie architecturale et politique et révèlent la périphérie et les invisibles au coeur de la ville et des institutions.
La plupart des pochoirs d’Evol sont construits avec des éléments d’une façade d’un ancien immeuble de la Stasi où il avait du se rendre en 2003 pour pointer au chômage. Au Palais de Tokyo, l’artiste a remplacé certaines des fenêtres par des cases du jeux La Roue de la Fortune, laissant apparaitre l’expression “Trautes Heim, Glück allein” – l’équivalent du “Home Sweet Home” américain – qui une fois tronquée dit son exact contraire et cible l’infortune. “Ce type d’architecture était le seul moyen pour le gouvernement de répondre à la crise du logement à bas prix. Il y avait aussi cet idéal du régime socialiste qui prônait l’égalité entre les gens, la promesse d’un monde meilleur. Il ne reste plus rien de cette utopie : plus personne ne veut vivre dans ces habitations. C’est cette ambiguité qu’il y a entre l’ancienne utopie promise et le dysfonctionnement du cauchemar actuel qui m’intéresse.”