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Taro Izumi Pan

Le Palais de Tokyo présente la première exposition personnelle d’envergure en France de Taro Izumi (né en 1976, vit à Tokyo).

Taro Izumi est, au Japon, un artiste singulier. Il développe un monde qui s’exprime par des installations, des sculptures et des vidéos, dont les processus d’apparition sont liés à l’accident, au jeu, à la perturbation.

Les installations qu’il construit à partir de ces hypothèses ludiques sont la source de formes, sculptures et peintures murales qui, souvent par l’absurde, deviennent des formes inattendues, extraordinaires, et qui déjouent avec humour nos habitudes artistiques et sociales. Par exemple, l’invention de supports composés d’éléments quotidiens - chaises, tables, tabourets, coussins - rapidement associés pour supporter un corps qui imiterait la détente ou l’impulsion d’un sportif en action, est à la fois un objet étonnant, une parodie des corps rêvés des héros du stade et un commentaire intéressant sur l’histoire du socle dans la sculpture.

Commissaire : Jean de Loisy
 

Quelques oeuvres à découvrir au sein de l’exposition, dans l’ordre du parcours :

To forget the day that I forgot to wear sunscreen, 2017
« J’ai filmé chaque jour jusqu’au coucher du soleil une brique sur un mur. C’est chaque fois la même brique mais chaque fois un moment différent. J’attendais en filmant, comme les briques attendent sur le mur. » Taro Izumi a ensuite assemblé numériquement ces centaines de plans les uns après les autre, composant son film pierre après pierre, de bas en haut, comme un maçon bâtit un édifice. La projection d’un mur sur un mur : plus malicieuse qu’inhospitalière, cette œuvre, qui accueille le visiteur dans l’exposition, révèle le goût de Taro Izumi pour l’écart entre les choses et leurs représentations, entre les objets et leurs images.

Neuf œuvres de la série « Tickled in a dream… maybe? », 2017
Dans cette série d’œuvres mêlant sculptures, photographies et vidéos, Taro Izumi réalise des supports composés d’éléments quotidiens - chaises, tables, tabourets, coussins - rapidement associés pour supporter un corps qui imiterait la détente ou l’impulsion d’un sportif en action. « C’est une sorte d’architecture destinée aux images ou aux vidéos. (...) J’essaie ici de repenser l’architecture destinée aux images, de conformer le volume d’un corps aux règles d’une représentation imagée, de différencier le temps qui s’écoule au flux du temps morcelé, de redonner du volume à un monde compressé, de chercher une structure vivante au sein d’une surface plane… »

Fish that have melted become water, 2017
Dans l’espace d’exposition, deux écrans diffusent la captation d’une performance. Un performeur maintient enfoncé l’embout d’une bombe de peinture et longe les murs de l’exposition. De menus obstacles entravent sa route, et modifient ainsi le tracé de la ligne. Un second performeur le suit à la trace, s’évertuant à effacer tout ce que peint le premier. « Cette ligne est l’environnement naturel de l’ensemble de l’espace d’exposition. Elle reproduit le mouvement d’une vague dans la mer. »

Inhale the shadow, 2017
Dans une corbeille, des fruits se dégradent au fil des jours. De la peinture est régulièrement appliquée à même ces fruits afin de dissimuler leur vieillissement.

30, 2017
Cette vidéo montre plusieurs personnes imitant le hurlement du loup.

A watchdog behind the Adam’s apple barks at the stomach, 2017
Diffusées dans une cage, deux vidéos mettent en scène un professeur d’anglais et un perroquet juché sur un téléphone. La bande sonore de l’œuvre consiste en une imitation du chant de l’oiseau effectuée par l’artiste lui-même. « L’ artiste ne fait que répéter le monde, sans forcément le comprendre. »

Série « Beautiful assistant », 2017
Des vidéos montrent les assistants de Taro Izumi dans différentes mises en scène. « Souvent, je suis d’avantage interpellé par le second plan d’une vidéo que par son sujet principal. Il arrive ainsi qu’un rôle endossé par un assistant, soit celui que l’on remarque en premier. (...) “Beautiful assistant” révèle la star enfouie en chaque assistant. »

The piercing wink of the star that is not visible, 2017
Quatre archers du club Les Archers de Paris ont inscrit les lettres « EELS » (« anguilles ») au mur, en tirant des flèches dont les pointes ont été recouvertes de tissus imprégnés d’encre de différentes couleurs. « Le tir à l’arc est un sport où les points sont gagnés par la qualité de la trajectoire du tir ainsi que par la force employée pour résister à la pesanteur. L’anguille, elle, se déplace toujours dans un mouvement contraire à celui de la ligne droite. Chose que l’on peut remarquer d’autant plus aisément lorsque l’on observe son mouvement d’en haut. »

Worms can differentiate between the laughter and cries of locusts, 2017
Une vidéo rend compte d'une performance au cours de laquelle plusieurs dizaines de performeurs se trouvent pris au piège d'une vaste structure. Cette oeuvre apparait ainsi liée à plusieurs thématiques phares de l’œuvre de Taro Izumi, dont le renversement des choses, la place de l’individu au sein de la société. « J’essaie toujours d’immobiliser les éléments d’un monde en mouvement. »

Exposition

#TaroIzumi

Du 03/02/2017 au 08/05/2017

À découvrir de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.

Il vous reste 11 jour(s) pour découvrir l'exposition

« L’objet quotidien s’impose souvent comme un matériau privilégié dans mon travail. Détourné de sa fonction, il devient objet d’art ; nous évoluons, de fait, dans un monde où toutes les valeurs peuvent aisément être renversées. » Taro Izumi

Extrait d’un entretien avec Paloma Blanchet-Hidalgo, Slash/Magazine, février 2013

 

Taro Izumi

Né en 1976 à Nara, Taro Izumi vit à Tokyo. Son travail a bénéficié de plusieurs expositions personnelles, notamment à Ongoing, Tokyo (2015), The National Museum of Art, Osaka (2014), Nassauischer Kunstverein, Wiesbaden (2014). Le Hara Museum of Contemporary Art, à Tokyo, et le 21st Century Museum of Contemporary Art, à Kanazawa, au Japon, exposeront également son travail en 2017. Il a par ailleurs été montré dans le cadre de nombreuses expositions collectives, dont « Une forme olympique », HEC – Espace d’Art Contemporain, Jouy-en-Josas (2016) ; « Voice of images », Palazzo Grassi – Fondation Francois Pinault, Venise (2012) ; « Waiting for Video: Works from the 1960s to Today », The National Museum of Modern Art, Tokyo (2009) ; « Between Art and Life, Performativity in Japanese Art », Centre d’Art Contemporain, Genève (2008) ; « Out of the Ordinary: New Video from Japan », MOCA, Los Angeles (2007). Ses œuvres font partie d’importantes collections, dont celles du Musée d’Art Contemporain de Tokyo, de la Fondation François Pinault, du Kansas Spencer Museum of Art, du Conseil Général de Seine‐Saint‐Denis, du Fonds Municipal d’Art Contemporain de la Ville de Paris et de la Fondation Kadist. Il est représenté par la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris et la Galerie Take Ninagawa à Tokyo.

Instagram @ilariacostola

Instagram @thierryforien

Instagram @kohei_kirimoto

Cette exposition est réalisée en coproduction avec

Elle bénéficie du soutien de

FONDATION LOUS ROEDERER

Ainsi que de la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, la Galerie Take Ninagawa, Casio, Shiseido Company Limited et Seiichi Yoshino.