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Ecco Ecco Ecco Ecco Christophe Havard, Jérôme Joy, Keith Rowe, Anthony Taillard

Les quatre musiciens Christophe Havard, Jérôme Joy, Keith Rowe et Anthony Taillard interprètent la performance Ecco Ecco Ecco Ecco à l’occasion de la clôture de l’exposition « Nothing at All – Modes Idiorythmiques de la Coexistence » de David Ryan & Jérôme Joy au Palais de Tokyo.

Ecco Ecco Ecco Ecco, qui donne l’occasion d’un haïku étiré (« ici, là, voici, voilà » en italien), est une performance de six heures jouée par les quatre improvisateurs. Elle prolonge « Nothing at All – Modes Idiorythmiques de la Coexistence » en annonçant une ouverture plutôt qu’une clôture. Réalisée dans l’espace de l’exposition, en journée jusqu’en soirée, elle ouvre un dialogue animé par les improvisations des musiciens en présence d’auditeurs, et fraye ainsi un présent vivant, humain, fragile et tenace. Une musique ordinaire et vivante.

Performance

10/09/2016, de 15h30 à 21h30

Accès sur présentation du billet d’entrée aux expositions.

Christophe Havard, Jerome Joy, Keith Row, Anthony taillard

À la fois compositeur (musique électroacoustique et instrumentale), interprète, improvisateur et artiste sonore, Christophe Havard (né en 1972 à Nantes) commence sa carrière comme saxophoniste de jazz et se dirige progressivement vers l’improvisation et l’expérimentation sonore. Sur scène ou dans le cadre de ses installations sonores et de ses compositions, nous retrouvons dans ses créations un goût pour l’espace sonore, l’écoute de l’environnement, la qualité du timbre, la notion de mémoire et l’éclatement des frontières stylistiques et des moyens musicaux (instruments acoustiques, électroacoustiques, électroniques).

Après une trajectoire post-punk, Jérôme Joy (né en 1961 à Nantes) s'associe en 1982 avec David Ryan pour un parcours commun de performances et d’expositions jusqu'en 1985 autour des positions de refus, d'écart et de révolte (anti-TINA). Les années suivantes et jusqu’à aujourd’hui, il réalise en tant que compositeur, performeur et improvisateur, plusieurs séries d’œuvres de musique expérimentale, instrumentale, électronique et électroacoustique, puis à partir de 1997, de musique en réseau, qui sont jouées et diffusées dans de nombreux festivals et expositions, à l’international. Par l’exploration des intensités, des durées et des échelles d’espaces sonores, à l’aide de techniques saturées, mésusées et recombinées, il développe, compose et joue une musique qu'il qualifie d'excessive ou limite, peu normée, voire illimitée. Il s’agit pour lui d’une musique, peu prévisible, prise dans les seuils, les marges et les écarts d'expériences du présent de ce qui se joue et que chacun vit, de manière laminaire et inter-indépendante (people making/living music/life).

À l’aube des années 1960, fasciné par le piano préparé de John Cage, mais aussi par des artistes comme Jackson Pollock et Marcel Duchamp, Keith Rowe (né en 1940 à Plymouth) commence à appliquer des procédés inédits : la guitare préparée et la guitare sur table ou à plat (une guitare branchée dans la cacophonie de ce qu’il appelle la « réalité parfaitement ordinaire », avec des radios, des éléments et objets quotidiens, et des appareils électroniques). Cette guitare transformée va influencer à partir des années 1970 bien des générations de guitaristes, ce qui le place définitivement au panthéon des références rock underground. En 1965, il fonde avec Lou Gare et Eddie Prévost le groupe AMM, l'un des groupes les plus déterminants dans l’expansion des musiques d’avant-garde en Grande-Bretagne. Depuis les années 1990, il multiplie les collaborations (Taku Sugimoto, Otomo Yoshihide, Sachiko M, Oren Ambarchi, Christian Fennesz, Burkhard Beins, Toshimaru Nakamura, David Sylvian and Peter Rehberg) et enregistre de nombreux albums durant la dernière décennie.

À l’adolescence, Anthony Taillard (né en 1970) délaisse la mobylette pour la guitare électrique avec Confusion is sex de Sonic Youth. Le reste, il l’apprend avec les punks puis dans le milieu des squats nantais. Ensuite sa musique s’éloigne des berges de la noise pour le grand large de la musique expérimentale, sans oublier un de ses projets actuels, Subutex Social Club, un trio de noise très bruyant. Il joue et a joué dans différentes formations, Formanex, Man, Halfzouhair Schag, etc. Désormais fort de plus d’une vingtaine d’années d’expérimentations diverses, il continue de développer des installations issues d’une nouvelle lutherie, des dispositifs sonores complexes et une grammaire musicale innovante (dont l’orchestre d’instruments automatisés, Bobbyland, avec Rasim Biyikli) et pilote la plate-forme interdisciplinaire Le Studio d'en Haut (Nantes). Ses dernières explorations l’amènent à jouer dans le Nantes Guitar Quartet et dans Immensity of the Territory, et à participer à de multiples projets collaboratifs avec d’autres musiciens (Sylvain Chauveau, Phil Durrant, Noël Akchoté, Taku Sugimoto, AMM, ONsemble).