Liam Gillick, "Texte court sur la possibilité de créer une économie de l'équivalence"

Liam Gillick, vue de l'exposition

Souvent, les expositions de Liam Gillick se déploient comme un scénario ou une démonstration. Elles jouent avec les codes de représentation et les idéologies qui modèlent l'espace urbain et intègrent l'héritage du minimalisme et les réflexions sur l'espace social tout en brouillant leurs frontières.

Liam Gillick travaille sur des domaines de savoirs parallèles tels que art, industrie, urbanisme, politique). Il met souvent en scène des personnages historiques restés dans l'ombre (Ibuka, le vice-président de Sony ; Erasmus Darwin, le frère libertaire du théoricien de l'évolution des espèces ; Robert MacNamara, le secrétaire à la Défense pendant la guerre du Vietnam) ou réactive des événements de l'Histoire récente, passés inaperçus. Liam Gillick élabore ainsi des outils pour tenter de rendre intelligible notre époque, en questionnant la frontière entre le documentaire et la fiction.

L'exposition de Liam Gillick au Palais de Tokyo, intitulée "Texte court sur la possibilité de créer une économie de l'équivalence", renvoie à un livre en cours d'écriture intitulé "Construcción de Uno" qui sera publié pendant l'exposition. Les œuvres mettent en espace des situations précises, puisées dans le déroulement du livre. Le spectateur est plongé dans un scénario, mis en présence d'oeuvres qu'il peut lire comme des représentations plastiques liées au récit.

Le livre raconte l'aventure d'un groupe d'ouvriers amenés à autogérer leur usine : quand les conditions de travail laissent la place à une situation de post-production. Les anciens "producteurs" ont choisi de revenir sur leur lieu de travail et de reprendre la construction d'idées plutôt que celle d'objets automobiles. L'une de leurs premières tâches consiste à remodeler le bâtiment lui-même en perçant de nouvelles fenêtres dans la façade. Une autre est de construire un paysage de montagne que l'on observera de ces fenêtres et depuis le long chemin qui sépare le bar de leur maison. Ils passent leurs journées à tester de nouveaux modèles de production en vue d'instaurer une économie de l'équivalence, en vertu de laquelle une unité d'entrée (input) équivaut à une unité de sortie (output) ; une économie dans laquelle tout ce qui est investi (physiquement ou intellectuellement) serait payé en retour, sans perte ni altération.

 

Les modèles économiques et sociaux mis en place semblent progresser et gagner en élégance à mesure que le livre avance - mais on comprend bientôt que c'est au détriment de leur énergie. Leur énergie, investie dans la mise au point de ces modèles, compense leur manque de fonds théorique. En même temps, leur désir de réorganiser fondamentalement les choses exercera une influence durable sur les autres, alors qu'eux-mêmes finiront par se disperser et par se dissoudre dans leur ancien lieu de travail devenu méconnaissable.



M/M, Paris, "Texte court sur la possibilité de créer
une véritable économie de l'équivalence", 2005,
sérigraphie sur papier.
Contient des éléments de l'affiche de l'exposition de
Liam Gillick réalisée par Willy Carda.



> Liam Gillick est né en 1964. Il vit et travaille à Londres et New York

TokyoClip Liam Gillick

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Programme "L'art au travail"

Dans le cadre de l'exposition Liam Gillick, les médiateurs proposent "L'art au travail", un programme d'événements et d'activités qui engage une réflexion sur les relations entre le monde du travail et l'art contemporain. Un pôle d'information et de consultation (essais, romans, documentaires, etc.), le blog "L'art au travail" ouvert à tous, des rencontres et projections chaque samedi à 15h et des visites guidées spéciales qui se dérouleront jusqu'à la fin de l'exposition.

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Commissaires de l'exposition :
Nicolas Bourriaud et Marc Sanchez
assistés de Elodie Royer

Partenaires :
L'exposition Liam Gillick bénéficie de l'aide du British Council ; elle est produite avec la collaboration de la Casa Encendida de Madrid.

Partenaire média :
i>TELE


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> Exposition du 26 janvier au 27 mars 2005